Le syndrome acéphalique ne fut pas immédiatement détecté. Ne serait-ce que parce qu’à l’époque de l’apparition des symptômes — les choses ont bien changé depuis — il était socialement peu acceptable d’envisager qu’une quelconque perte de capacité puisse affecter prioritairement le corps masculin. Et ce d’autant plus que dans les années 20, la majorité des chercheuses en génétique et neurologie étaient encore des chercheurs. De sorte que les premières études suggérant une diminution du taux de connexion neuronale se fondaient encore sur des cohortes mixtes.

Ainsi, la nette augmentation de l’écart de réussite scolaire entre garçons et filles dans les classes d’âge 4–12 ans n’apparut initialement que comme le prolongement d’une tendance déjà amorcée depuis plusieurs décennies. De même, bien que les domaines professionnels traditionnellement occupés par une population majoritairement masculine étaient fortement affectés, il fallut un temps considérable avant que le syndrome ne soit manifeste, tant une diminution des capacités cognitives dans les conseils d’administration et les fonctions de maintien de l’ordre peut rester longtemps indétectable. L’étude de la Docteure Fallope (qui se trouvait être, ironie de l’histoire, l’arrière-arrière-arrière-petite nièce de celui qui avait jugé bon de planter son drapeau éponyme sur les fameuses trompes), fut sans surprise décriée pour défaut d’objectivité scientifique, et son auteure accusée d’être animée par un motif de vengeance antipatriarcale (le terme “hystérie” étant devenu politiquement incorrect).

D’autres études finirent toutefois par être réalisées par des professeurs reconnus (comprendre : pourvus d’une bite), et le couperet tomba : les hommes étaient en train de devenir cons. C’est-à-dire, génétiquement et biologiquement cons. Pas juste des gros cons comme d’habitude. Non, là, le premier IRM venu de cerveau masculin le confirmait : il leur manquait une case.

Edith V.

Atelier d’écriture féministe Langue de lutte — Utopie Queer

Les textes de ce blog ont été créés lors d’ateliers d’écriture, en non mixité queer et féministe. Plus d’informations sur : www.facebook.com/languedelutte

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store