Coton

Langue de lutte
Dec 31, 2023

Les placards étaient trop petits pour les soldes omniprésentes, on en avait oublié ce qu’ils
contenaient. Des strates d’achats compulsifs avec encore leurs étiquettes, alors les
vêtements propres, on les entassait devant les portes, les placards trop étroits pour être
ouverts, les cartons empilés en monts et collines ouvertes, et les creux surtout entre les
étoffes qui adoptaient la forme d’un corps d’enfant. Coton jersey, satin de coton, draps et
serviettes éponges,T-shirts jamais portés et robes en jean formaient une cabane juste assez
grande pour un seul corps. Ce n’était pas grave si personne ne les portait parce qu’en les
escaladant on accédait à mieux que les placards, mieux que les jeux, mieux que le lit :
l’étagère des livres pour les grands, et tout à côté, la fenêtre. Un terrier avec une issue de
secours. Une cachette-cocon.

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Langue de lutte

Les textes de ce blog ont été créés lors d’ateliers d’écriture, en non mixité queer et féministe. Plus d’informations sur : www.facebook.com/languedelutte