Ces corps parlent

[TW] Le texte suivant nomme explicitement, sans les décrire, plusieurs formes de violences : auto-infligée, physique et sexuelle

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“Le corps me fait mal, il a le passé au fer, je vous le dis haut, ce jour dans la salle mi-pénombre, mon corps me fait mal, surtout depuis qu’il parle, ils n’arrêtent plus, tous ces corps dans cette salle où il pleut dehors, c’est novembre, il n’arrête pas de parler ce corps et de dire qu’il a saigné, pendu à un fil ou aiguisé au couteau, qu’il a avalé des grammages de bouffe régurgitée, invisible, caché derrière un sourire, des seins, des cheveux, envolés, strip teasés, ces corps parlent avec la voix de celleux qui sont mieux à plusieurs, un choeur, chaud qui bat fort et qui cogne à toutes les portes, ma tête bat, à mesure la tienne en face, tu dis avoir un corps mort, je tape, tapez tous.tes pour ressusciter, battez le rythme des mots, oui, encore, plus fort, scarifié.e, oui, violé.e, oui, plus fort, pendu.e, oui, aimé.e oui, plus fort, je t’aime, petit papier, doux, des mots pour toi, je te dis que ce que tu dis c’est de l’amour pour moi, que je te rends, pour tous.tes celleux qui écoutent, l’unisson à, aimons-nous, aime-toi.”

Texte de Pénélope

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Les textes de ce blog ont été créés lors d’ateliers d’écriture, en non mixité queer et féministe. Plus d’informations sur : www.facebook.com/languedelutte

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Langue de lutte

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